Four Seasons Hotel Ritz Lisbon

Four Seasons Hotel Ritz Lisbon

Architecte
OITOEMPONTO
Lieu
Rua Rodrigo da Fonseca 88, Lisbon, Portugal | View Map
Année du projet
2021
Catégorie
Hôtels
Histoires par
Vector Mais

OITOEMPONTO
spacesandplaces.pt

Four Seasons Hotel Ritz Lisbon

Vector Mais en tant que General Contractor.

With over 60 years of history, the Ritz Four Seasons Lisbon is the most iconic hotel in Portugal. The renovation was carefully thought out to maintain the character of this unit opened in 1959. When highly acclaimed Portuguese architecture studio Oitoemponto was entrusted in 2019 to breathe new life into guest rooms and suites at the Hotel, design duo Artur Miranda and Jacques Bec baulked at the idea of modernising the classic Hotel.

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Through close collaboration between the Ritz, Oitoemponto and Vector Mais, which carefully carried out all the renovation works, it was possible to re-imagining the past for the present, embarking on a journey to evolve the Hotel's roots for 21st-century visitors. This attention to detail is particularly noticeable in the carpentry, the construction of the interior architectural details and the restoration of most of the original stones in the bathrooms.

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Ritz Four Seasons Hotel Lisbon

OITOEMPONTO en tant que Architectes.

Oitoemponto ressuscite la splendeur d’origine des chambres du Four Seasons Hotel Ritz de Lisbonne.

Le Four Seasons Hotel Ritz de Lisbonne réalisé par le duo d’architectes Oitoemponto a ouvert au printemps 2021. Il incarne un parfait compromis entre modernité et luxe décoratif et rend hommage à 60 ans d’histoire.

La rencontre était une évidence. Entre le Ritz de Lisbonne et les architectes d’intérieur Artur Miranda et Jacques Bec, il y avait déjà comme un lien invisible. Tout d’abord, parce qu’Artur a grandi avec l’hôtel le plus spectaculaire de Lisbonne, pour ne pas dire du Portugal. Il y a découvert, adolescent, ce que pouvaient produire les arts décoratifs et la création contemporaine, mis au service du luxe et de l’art de recevoir. Il y est revenu ensuite régulièrement pour y retrouver des amis, au bar ou au restaurant, toujours fasciné par cet hymne à la modernité. Lorsque Jacques Bec a fait du Portugal sa seconde patrie, il a été à son tour complètement envoûté par le lieu.

photo_credit Francisco Almeida Dias
Francisco Almeida Dias

Il est bon de préciser que le Ritz de Lisbonne n’a rien à voir avec celui de Paris. Le nom a été négocié, parce qu’il symbolisait l’excellence en matière d’hôtellerie. Mais ce Ritz-là ne regarde pas vers la place Vendôme, il est tourné vers New York, Rio, Acapulco. Sa sophistication est en phase avec le début des années 60 qui l’ont vu naître. Son élégance est stylisée, colorée, solaire. Il est né de la volonté de Salazar, qui souhaitait donner un palace au Portugal. Pour mener à bien ce projet, une société de promoteurs est créée, avec à sa tête Manuel Queiroz Pereira. Celui-ci confie la construction à Porfirio Pardal Monteiro (1897-1957).

Fameux pour son style moderniste, l’architecte dessine un bâtiment de béton et de verre, de dix étages, au-dessus de Lisbonne. Pas dans le quartier historique, mais à la lisière de la ville, ce qui le rend facilement accessible depuis l’aéroport et proche des routes pour Sintra et Cascais. Malheureusement, Porfirio Pardal Monteiro décède avant de voir son oeuvre achevée. C’est son neveu Antonio Pardal Monteiro qui mène la réalisation à son terme. L’hôtel est inauguré le 24 novembre 1959. Aujourd’hui, les descendants de Manuel Queiroz Pereira sont encore les propriétaires de l’hôtel, géré par le Four Seasons Hotels and Resorts depuis 1997.

photo_credit Francisco Almeida Dias
Francisco Almeida Dias

À l’intérieur, les volumes ont la démesure de ce manifeste moderniste. Une multitude d’ascenseurs dessert les 282 chambres, les salons ont des proportions impressionnantes et les infrastructures techniques sont dignes d’um établissement new-yorkais. Toutefois, Salazar demande à ce que cette radicalité soit calmée, humanisée, par une décoration chic et chaleureuse. Pour l’incarner, le fameux décorateur Henri Samuel (1904-1996) est sollicité. Il est alors en pleine ascension, enchaînant les demeures Rothschild. Il est précieux car il est le premier à incarner une forme d’éclectisme en matière de décoration. Féru des arts décoratifs du XVIIIe siècle, il est également amateur de création contemporaine, à l’exemple de son appartement parisien, où un meuble Boulle voisine avec une table basse de Guy de Rougemont, un tableau de Balthus, une sculpture de Philippe Hiquily.

Incarnant un parfait compromis entre modernité et luxe décoratif, nourri d’Art déco et de style Louis XVI, Henri Samuel donne au Ritz de Lisbonne une identité propre et singulière, d’une grande force visuelle. Il est aidé dans sa tâche par Lucien Donnat, un décorateur français installé au Portugal. Les années 80-90 malmèneront ce témoignage stylistique, mais les vestiges étaient encore assez nombreux pour en faire renaître l’esprit. C’est ce à quoi se sont attachés Artur Miranda et Jacques Bec.

photo_credit Francisco Almeida Dias
Francisco Almeida Dias

Au rez-de-chaussée, les multiples oeuvres d’art commandées spécialement sont encore là : les superbes tapisseries d’Almada Negreiros, les bas-reliefs de Margarida Schimmelpfennig et de Salvador Barata Feyo, la fontaine de Lagoa Henriques ou encore les tableaux de Maria Vieira da Silva. Mais dans les chambres, plus rien n’évoquait le flamboyant passé. “La première chose que nous avons faite, c’est de plonger dans les réserves. Beaucoup de meubles, de luminaires y étaient stockés. Nous les avons exhumés. Ce fut notre point de départ pour renouer avec l’histoire de l’endroit.”

Car le duo n’entend pas marquer plus que cela son territoire. Au contraire. “Nous avons procédé avec respect et même tendresse, comme avec une vieille dame à laquelle il fallait rendre toute son élégance. Par exemple, il restait de magnifiques salles de bain que nous avons essayé de modifier le moins possible. Leurs lavabos gigantesques, commandés aux Etats-Unis, sont extraordinaires, amples et sensuels, et les marbres sont les plus beaux du Portugal car le père de Pardal Monteiro était marbrier. Nous sommes seulement intervenus dans les douches pour les agrandir.”

photo_credit Peter Vitale
Peter Vitale

Pour les chambres, le mobilier d’époque a été réédité, avec parfois de nouvelles proportions. Des commodes sont devenues des tables de nuit. Des fauteuils ont gagné en volume. La palette de couleur a été pensée pour évoquer les années 60, avec un camaïeu de beige, gris, tabac, blanc, et quelques touches d’ocre, de brique et de bleu canard. Dans le même but, le bois blond a été privilégié pour le mobilier. Chène arraché pour la tête de lit, chêne verni pour le bureau et le guéridon. “Nous aimons beaucoup ce genre de subtilité, des jeux de texture qu’un oeil un peu aiguisé perçoit.”

Autre détail décoratif, le plafond qui se termine en courbe et cache ainsi la tringle à rideau. “Il en restait un exemple dans une chambre et nous l’avons décliné partout. C’est élégant, très lié à une époque et cela offre en plus une meilleure accoustique.” Le motif de la moquette qui évoque une vague a été trouvé dans la tapisserie « Olisipo » de Lino Antonio, suspendue dans l’escalier. Bien évidemment, chaque chambre est équipée des technologies les plus avancées en matière de lumière, d’écran et de son.

photo_credit Peter Vitale
Peter Vitale

Dans les couloirs, la démarche a été la même, avec un modèle d’applique ancienne, mais dont le nombre a été démultiplié pour un effet théâtral, des murs recouverts d’un textile qui a l’apparence de la paille japonaise et une moquette dont le motif abstrait s’inspire cette fois du dallage portugais qu’on appelle « calçada ».

Les halls des ascenseurs ont retrouvé leurs grands fauteuils à oreille façon Royère et leurs lampes néo-classiques. L’effet rendu est un parfait équilibre entre évocation du passé, air du temps et style de vie contemporain. Encore une fois, Artur Miranda et Jacques Bec ont privilégié l’harmonie et la cohérence. “L’idée était de retrouver l’essence originelle du Ritz de Lisbonne. Ce n’est bien sûr pas une reproduction stricte, mais une évocation avec notre regard, notre goût d’aujourd’hui. Nous pensons que les nouveaux clients de ce genre d’hôtel sont amateurs de décoration et sauront l’apprécier.”

photo_credit Peter Vitale
Peter Vitale

Ces aménagements correspondent à une première tranche de travaux qui concerne trois étages sur dix. Quatre autres étages sont en cours, dans un esprit plus classique, plus Art déco, toujours à base de mobilier récupéré dans les reserves.

À venir également, au 6e étage, trois suites réunies et traitées comme un club privé, un lounge, qu’Oitoemponto décore de boiseries, de panoramiques Zuber et de tissus Fortuny. Ou la relecture d’un XVIIIe siècle façon années 60. Leur livraison est prévue pour l’automne.

“Dans la plupart de nos projets, nous inventons une histoire, ici nous avons prolongé une histoire. Nous nous sommes mis en retrait, parce que le Ritz de Lisbonne est un monument plus fort que nous.” Oitoemponto

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Peter Vitale

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Crédits de projet
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Architectes
Fiche technique du produit

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CarpentryBAMER
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Carpentry
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